• au piano-bar du Crocodile

    Accoudée au comptoir, je m'enfile conciencieusement toutes les peanuts en comptant les calories : 1,2,3,4,1,2,3,4, hep s'il-vous-plaît un baby coke.

     Tiens, voici M. Allard (Allard la Poire pour  les intimes). C'est un grand escogriffe barbu au dos voûté.

     Il a l'air triste et blasé quand il joue l'oeil éteint les mêmes rengaines à la demande des clients.

    En face, sur la petite estrade, les femmes ont sorti leur plus beaux atours, ça brille, poitrines en avant, brushings, ongles laqués, bouches écarlates. Elles rient et espèrent... Les hommes sont des sardines alignées au comptoir, maladroits dans leurs chemises fraiches, rasés de près, arrosés de senteurs à te faire tourner de l'oeil , pour se donner une contenance ou du courage, ils boivent... beaucoup. Eux aussi, ils espèrent. Les regards se croisent.

    Et moi, j'assiste à cette tragi-comédie, cette partie truquée et amère où l'on se met en jeu. Bien sûr, l'homme n'est pas fait pour vivre seul.  Mais pourquoi faut-il donc parquer les humains par âge, par catégorie sociale, par lieu, par sexe. Tout ça manque terriblement de fantaisie, de liberté. Quel ennui !

    Que chacun se tienne prêt car l'aventure est au coin de la rue !

    Yahoo! Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :